A Paul Guimezanès (1916-2001)
Elle le voit en fait trois fois – peut-être plus, sûrement pas moins, mais ce sont ces trois fois là. Surtout.
La première il lui dit que ça ne va pas, qu’elle dessine ce qu’elle sait au lieu de dessiner ce qu’elle voit.
La deuxième il lui dit que ça ne va pas, que ses croquis sont hachurés parce qu’elle voit le monde à travers une coiffure désordonnée.
La troisième elle se dit que ça ne va pas. Dix-huit années ont passé, le journal lui apprend la mort du vieux graveur.
Et dix-huit années, c’est justement le temps qu’elle aura mis pour comprendre ce qu’il lui a dit les deux premières fois.