Non, monsieur Rilke ; non, je ne suis pas contrainte d’écrire. Je ne suis ni jeune ni poétesse – je n’écris pas, d’ailleurs, je mets des mots pour l’allégresse.
Je me lève la nuit et me couche le jour, mes phrases les plus noires ne parlent que d’un amour qu’à la moindre contrainte j’abandonne – la plume et le clavier souvent me le pardonnent. Il n’y a là aucune volonté dont je n’appris à me débarrasser ; arriver nue au Paradis est l’épilogue escompté.
Je ne tords rien pour cette nudité : comme la rivière vers l’aval je me laisse couler. Alors non, monsieur Rilke, nulle profession de foi, juste une larme qui coule ici bas sans que je sache toujours si elle est de tristesse – ou de joie.
Pour les anglophones (dont je ne suis pas) une lecture des Lettres.à.un.jeune.poète de Rainer Maria Rilke par Dennis Hopper est disponible ici. Courez, c'est du nanan.