D’habitude… d’habitude elle aime sentir arriver la fin de l’été ; c’est le charme des commerces dont l’activité est essentiellement saisonnière. Fin août et le départ un à un des « contrats précaires », la lente raréfaction des clients, l’étirement des heures, la nuit reprenant ses droits, les droits au silence et à l’obscurité.
Et puis là tout est cassé, elle sait, elle sait que c’est son dernier automne et qu’on ne la laissera sans doute pas contempler l’hiver. Micmacs, changement de boîte, d’enseigne, de site. Tout recommencer, encore et toujours – montrer que l’on est « au top », « indispensable », regarder la charrette bringuebaler sur le chemin, déjà sentir les cahots jusque dans les vertèbres. Savoir que l’on n’y croit pas assez pour reprendre la route.
Parce que l’on est usée, tout simplement.